Les spectateur·rices applaudirent la performance des comédien·nes après une représentation de plus de deux heures.

Pour comprendre l’écriture inclusive, aussi appelée langage épicène, il faut d’abord savoir pourquoi elle a été créée. Je ne suis pas une experte en la matière, mais l’envie d’en apprendre plus et de participer à cette évolution de la langue française m’a poussée à me renseigner sur le sujet !

En français, nous le savons tou·tes, l’écriture est genrée. Mais en ce qui concerne les métiers et fonctions… la question trouve très souvent sa réponse dans le genre masculin comme étant le seul valide, sans réelle raison. On dit aisément « un médecin », et son équivalent féminin… eh bien, il n’y en a officiellement pas. Ou plutôt, il n’y en a plus. En revanche, personne ne rechigne à dire « une secrétaire », et à très peu utiliser la version masculine qui pourtant, elle, existe bien, souvent uniquement parce que ce métier est associé aux femmes, alors que médecin est associé aux hommes. Est-il donc besoin de préciser que l’écriture inclusive s’appelle aussi langage non sexiste ?

Alors que les métiers avaient une forme féminine jusqu’au XVIIe siècle, voilà que cheffe, médecine et autre peintresse disaparaissent au profit d’une masculinisation, délibérée, du langage. Qu’à cela ne tienne, une langue a pour avantage d’être vivante : si elle se retrouve amoindrie à un moment de son histoire, nous pouvons l’enrichir à nouveau !

En 2019, l’Académie Française a reconnu l’utilisation de formes féminines des métiers et fonctions. Ce n’est pas une victoire finale mais une grande avancée, sachant que ses membres étaient catégoriquement contre l’année précédente.

Les formes de l’écriture inclusive

L’écriture inclusive est une pratique relativement nouvelle et n’a pas encore de forme unique définie. Elle se caractérise souvent pas l’utilisation du point médian, ou point milieu, comme dans « les pompier·ères », mais ce point peut aussi être un tiret ou un point final, le point médian demandant à connaître un raccourci clavier (Alt+0183 sur PC, alt+maj+f sur Mac, maintenant vous savez !).

Les plus réfractaires qui voient en cette forme une déformation de notre écriture peuvent cependant utiliser toutes les subtilités de la langue française et choisir des termes neutres, non genrés, des termes universels : « les spectateur·rices » peut alors devenir « le public » ou même « l’auditoire ».

Plus lourd mais tout aussi valide, on peut aussi choisir d’écrire le féminin et le masculin ensemble de façon systématique : « les spectatrices et les spectateurs », mais si l’on fait l’effort d’utiliser les deux genres, peut-être faut-il envisager l’écriture inclusive !

Enfin, l’utilisation du point médian peut se faire de façon plus ou moins simplifiée au pluriel. L’on peut alors écrire « gentil·le·s » ou « gentil·les ».

Non, vous ne louchez pas, cette phrase contient bien un mot en écriture inclusive !

Les termes neutres : une autre écriture inclusive

Le premier pas pour inclure toute personne dans un texte est d’utiliser des termes neutres. Comme dit plus haut, « le public » est aussi explicite et descriptif que « les spectateurs et les spectatrices », mais inclut tous les genres, toutes les identités. Ainsi, un texte aura une approche positive et inclusive vis-à-vis des lecteurs, qu’ils apprécient ou non l’écriture inclusive.

Cette pratique peut parfois être plus compliquée à mettre en place que l’écriture inclusive utilisant le point médian, certains termes neutres étant peut-être trop vagues, mais rien n’empêche de mélanger tous les styles d’écriture inclusive ! Ainsi, seuls des mots vraiment spécifiques utiliseront le point médian, et le reste du texte pourra être rédigé de façon neutre, universelle.

Ecriture inclusive et SEO

Seulement voilà, qui dit contenu éditorial en ligne dit SEO, et qui dit SEO dit mot-clés. Ces mots-clés, ce sont ceux utilisés par les internautes dans les moteurs de recherche. Aujourd’hui l’écriture inclusive est anecdotique, on peut même dire que sur la masse totale des internautes francophones, « personne » ne l’utilise, en tout cas pas celle qui utilise un point médian, un tiret, un point final, ou tout autre séparateur. Alors comment faire pour être inclusif et référencé si l’on souhaite utiliser un séparateur ?

La solution la plus simple est d’utiliser autant que possible des termes universels très ciblés, ou de mélanger termes universels et mots utilisant le point médian. C’est une nouvelle gymnastique rédactionnelle mais si l’on souhaite vraiment être inclusif, il faut y mettre les formes. Evidemment, plus les termes correspondent à ceux les plus recherchés, plus on est bien référencé, parfois en étant obligé de mettre l’écriture inclusive de côté.

Malheureusement, le point médian semble être assimilé à un espace par les moteurs de recheche (Google en tête), et seul le terme avant celui-ci serait pris en compte. « Pompier·ères » correspond donc à la recherche de la forme masculine singulier « pompier », ce qui exclus donc les formes féminine et plurielle. La difficulté de l’utilisation de l’écriture inclusive se pose là où la rédaction en ligne a besoin d’une forte stratégie : le référencement.

« Le genre est un spectre » et s’il n’est pas encore possible d’avoir une forme de français totalement neutre, rendons-le inclusif !

L’écriture inclusive n’est actuellement pas une norme, nous sommes donc libres d’en appliquer les règles ou non. Mais en 2021, il est important de s’intéresser à son public cible et de savoir lui parler, et cela peut passer par une nouvelle façon d’écrire sans changer le fond de notre langue si riche et complexe ! Certains parlent de progrès, d’autres d’abomination. A nous de choisir quelle forme nous souhaitons donner à notre image, notre communication, et donc à notre e-reputation !